Cadeau de Noel 2/3 - Domaine Gardiés - Je cherche le ciel 2018
- niconics
- 19 janv. 2021
- 4 min de lecture
Et voilà que commence la deuxième chronique d'une série de trois, autour d'un de mes cadeaux de Noel. Soyons clair, j'adore cette contrainte accompagnant le cadeau... pour ceux qui n'ont pas suivi, en recevant mon cadeau, celui ci était assorti d'un "de rien, mais il y a une condition... j'aimerai que tu te remettes à écrire et que pour chaque dégustation tu écrives un chronique". Contrainte d'accord, mais quand même, il y a du plaisir dans cette partie ci aussi. En fait, ce petit ajout me met dans d'autres conditions lors de la dégustation. Bien sur je ne me prends pas au sérieux, mais je fais plus attention à chacune des étapes, l'emballage, la capsule, le bouchon et puis seulement ce qui se cache derrière tout ce cérémonial.
En cherchant des informations sur le domaine Gardiés, je suis tombé sur un très beau site bien fait et sobre mais je ne trouve pas vraiment l'information que je cherche. Bon Ok, ils sont vignerons pas infographistes mais je suis resté sur ma faim. alors je continue à chercher et c'est dans la Revue des Vins de France, que j'ai trouvé un belle encart sur le domaine. Domaine familial repris par Jean en 1990 et cultiver sans produits chimiques depuis 2004. Aujourd'hui il travaille avec son fils Victor, et continuent ensemble le développement du domaine. J'en veux pour preuve cette bouteille qui nous apporte deux informations intéressantes avant même d'avoir gouté le vin:
Premièrement, ce vin n'apparait pas sur leur site. il est donc à parier que cette cuvée est un essai dans le domaine, une cuvée confidentielle
Quand on voit l'étiquette et le nom du vin: on voit bien qu'on est en rupture des traditions. D'ailleurs sur ce point, ca me rappelle cette soirée dégustation sur les vins Nature ou Naturels qui ont fait du travail de l'étiquette une marque de fabrique.
Et donc en continuant à chercher, intrigué par cette énigme, je suis tombé sur l'information, qu'effectivement cette cuvée a été faite lors de recherche par le domaine sur les vins "nature". Bingo et si on devait encore avoir une preuve, la cuvée 2017 était 100% Mourvèdre alors que celle ci est 80/20 Mourvèdre/ Grenache Noir et Carignan Noir... Si ca c'est pas de la recherche :)
Allez à l'attaque. L'étiquette me fait penser à ces tableaux d'art abstrait, une espèce de mélange entre Picasso, Matisse et du Street art. Un truc simpliste que tout le monde comprend et pourtant qui permettrait à chacun de voir ce qu'il a bien envie de voir. Mon fils aurait peut être bien vu un indien là ou moi j'étais plutôt sur la personnification de la recherche: un œil de chercheur ouvrant les bras à l'ensemble des possibles. Le nom du vin est tout aussi évocateur: "Je cherche le Ciel". Là aussi je pourrai disserter au moins trois pages sur l'interprétation que j'en fais mais honnêtement, je suis sur que je perdrai là moitié des lecteurs au bout de quelques lignes. La contre étiquette, nous apprend que c'est bien à "père et fils" que nous avons droit et que le vin, comme on s'y attendait, est issu d'une agriculture biologique (on est pas sur de la biodynamie, en tout cas il n'y a aucune certification présente pour le laisser penser).


Il est temps de s'approcher doucement du goulot quand même. La bouteille est équipe d'une capsule originale, ca ressemble à de la cire mais à mon grand damne, ca n'en aura que l'apparence. Ou du moins pour être précis, puisque je n'ai pas trouver d'information supplémentaire, il s'agira a minima d'un composite Cire/plastique. du coup l'avantage, c'est que cela facilite l'ouverture car je ne sais pas si vous avez déjà eu l'occasion d'ouvrir une bouteille cirée, c'est le bordel, on en met partout car la cire casse... alors qu'ici couteau faisant deux-trois tours de bouteille et puis s'en va. Laissant apparaitre un bouchon qui n'est pas en liège naturel non plus mais plutôt en recyclé ou compacté... j'avoue ne pas etre expert dans les bouchons. (faudrait peut être que je m'y intéresse plus. )

Le premier nez est expressif dès l'ouverture, fruits rouges voire noirs... on laisse s'aerer quelques minutes le temps de prendre l'apéro :-)
On verse un premier verre. La robe est intense et sombre avec un beau disque pourpre. On sent de la cerise noire, quelque chose de la prune, il y présence de poivre et des note de café/cacao et de torréfaction.
La bouche est pleine et ronde, des tanins présents mais deja bien fondus accompagnant un certain velour. Les notes de poivres et de torréfaction sont confirmées en bouche, mais le fruité est bien là. Vraiment ce vin fait preuve d'un bel équilibre entre acidité résiduel et puissance. Je lui donnerai encore deux à trois ans maximum.
Mais quelle serait l'image de ce vin. Cet exercice est particulièrement compliqué car il est le mélange de plusieurs sensations et des informations collectées. Je dirai que ce vin serait comme le nouvel essai d'un chef pâtissier d'une mignardise gourmande. Il sait assembler les saveurs, il sait ce qu'il veut apporter sur le visuel de son dessert. Son tableau imaginaire est ancré comme un obsession dans sa tête. Il ne fait qu'une chose "mettre en œuvre un rêve"
et puis moi aussi je fais de l'art moderne :)




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